
Après plusieurs mois de débats intenses entre le gouvernement et les partenaires sociaux, le texte réformant les règles de l’indemnisation chômage a été définitivement adopté par le Parlement le 2 juin 2026.
Signer une séparation à l’amiable ouvre toujours droit au chômage pour votre salariée. En revanche, le gouvernement a choisi d’activer un levier sensible : celui de la durée de prise en charge.
Pour les parents employeurs, une mise au point essentielle s’impose d’emblée : cette réforme touche les salariés du secteur privé, y compris les gardes d’enfants à domicile.
Attention toutefois à ne pas confondre : la rupture conventionnelle concerne uniquement la garde à domicile. Pour les assistantes maternelles agréées (qui gardent vos enfants chez elles), la rupture conventionnelle n’est pas autorisée.
Pourquoi le gouvernement s’attaque-t-il à ce dispositif ?
Créée en 2008, la rupture conventionnelle s’est imposée comme le mode de séparation favori des familles et des salariés à domicile. Un succès qui a un coût, aujourd’hui pointé du doigt par l’exécutif.
Dans le viseur du ministère du Travail : l’utilisation parfois systématique de la rupture conventionnelle, perçue comme une alternative à la démission pour s’assurer un filet de sécurité financière. La réforme vise donc ouvertement à limiter ce que le gouvernement considère comme des « effets d’aubaine » et à renflouer les caisses de l’assurance chômage.
Calendrier et nouvelles durées : le grand changement pour votre nounou
Jusqu’ici, une garde d’enfants quittant son poste par rupture conventionnelle logeait à la même enseigne qu’un salarié licencié pour le calcul de ses droits. À partir de septembre 2026 (date prévisionnelle d’entrée en vigueur après publication des décrets), la durée de l’indemnisation suite à une rupture conventionnelle diminue.
Voici le comparatif avant / après réforme pour visualiser le manque à gagner en cas de rupture conventionnelle de votre nounou et son impact sur la durée maximale de son chômage :
| Tranche d’âge de la garde à domicile | Durée maximale AVANT la réforme | Nouvelle durée APRÈS la réforme | Perte sèche |
| Moins de 55 ans | 18 mois | 15 mois | – 3 mois |
| 55 ans et plus | 22,5 mois (55-56 ans) / 27 mois (57 ans +) | 20,5 mois | – 2 à – 6,5 mois |
Précision importante : Le montant mensuel de l’allocation (ARE) que touchera votre nounou reste le même. Les règles de calcul du salaire de référence et les différés d’indemnisation (les jours de carence) ne bougent pas. C’est uniquement la durée totale du versement qui est amputée.
Procédures en cours : quelle règle de transition à la rentrée 2026 ?
C’est la grande question qui stresse actuellement de nombreuses familles en pleine séparation. Que se passe-t-il pour les conventions signées au début de l’été mais dont le contrat se termine à la rentrée ?
À l’heure actuelle, les textes disponibles ne précisent pas encore de manière explicite la phase de transition. Trois scénarios réglementaires restent possibles. La réforme s’appliquera-t-elle aux procédures :
- Selon la date de signature de la convention de rupture ?
- Selon la date d’homologation par l’administration (DREETS/TéléRC) ?
- Selon la date de rupture effective du contrat de travail (date de fin de contrat indiquée dans le formulaire de rupture) ?
Si l’on s’en tient à la logique habituelle de France Travail, ce sont les règles en vigueur au dernier jour du contrat qui s’appliquent. Si ce principe est maintenu, une rupture conventionnelle signée en juillet mais dont la date de fin de contrat intervient après le 1er septembre 2026 basculerait sous le coup de la réforme. La prudence est donc de mise lors de vos négociations estivales.
Quelles conséquences concrètes pour les parents employeurs ?
Pour vous qui employez une aide à domicile, la mécanique purement administrative de la rupture conventionnelle reste la même. Les étapes légales ne changent pas :
- Tenue d’un entretien préalable et signature du formulaire Cerfa ;
- Respect du délai de rétractation obligatoire de 15 jours calendaires ;
- Demande d’homologation en ligne sur le site TéléRC ;
- Versement de l’indemnité spécifique de rupture conventionnelle.
La vraie différence sera psychologique et économique. Face à une couverture chômage plus courte, les salariées risquent de se montrer beaucoup plus frileuses à l’idée de quitter leur poste à l’amiable.
Nous actualiserons cet article dès que les décrets d’application officiels détaillant les mesures transitoires seront publiés au Journal Officiel.
Questions les plus fréquentes sur la réforme de l’assurance chômage
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